Egalité professionnelle :

Bilan de la 1ere réunion de négociation et suites…

Cette première réunion a été consacrée au bilan de l’accord précédent. Seules la CFDT et l’UNSA l’avaient signé. Du coup ni la CGT ni la CFE-CGC n’avaient été conviées à participer au groupe de travail qui s’était mis en place. La CFDT a fini par se rendre compte que rien n’avançait dans ce groupe de travail et que la direction ne se donnait aucun moyen de faire réellement avancer l’égalité femmes/hommes : elle s’est retirée du cadre de l’accord. Du coup il faut en renégocier un nouveau.

Le bilan présenté par la direction comporte 3 axes principaux :

  • Proportion de femmes parmi les salarié-e-s de ST : en gros « ce n’est pas de leur faute ». C’est parce que le vivier de recrutement n’est pas féminisé. Ok, la microélectronique n’est pas une filière hyper féminisée mais :
    • le recrutement des opérateurs/opératrices ne se fait pas spécifiquement dans cette filière et donc avoir recruté 33% de femmes alors que l’objectif était à 50% est juste lamentable !
    • quand on reçoit plus d’une centaine de candidatures de femmes pour 29 postes d’ingénieur/es on doit pouvoir en trouver au moins 10 qui peuvent convenir pour atteindre l’objectif de 35% 
  • Ecart de salaires : pour la direction, il n’y a plus de problème ! Pour commencer nos contestons les données qui servent de base à leurs calculs. En effet ils ne tiennent pas compte des primes, or c’est un facteur aggravant des inégalités femmes/hommes. Ensuite, ils ne tiennent pas compte de l’ancienneté des unes et des autres donc si les femmes stagnent dans leur coefficient ou leur job grade elles finissent par être plutôt bien payées par rapport à leurs collègues masculins. Tous les hommes qui étaient arrivés en même temps qu’elles ont, eux, évolués ! La méthode de calcul doit être revue, ce que refuse la direction depuis des années. Pour finir, si les femmes sont mal payées c’est parce qu’elles ne veulent pas aller vers les métiers mieux rémunérés (management, maintenance…) et/ou qu’elles sont moins bien notées car moins compétentes ! En somme, c’est de leur faute ! Sans compter que côté évaluation, de nombreuses études ont démontré que les femmes sont discriminées et sont moins bien notées que les hommes.
  • Promotions, évolutions de carrière… : là encore c’est de la faute des femmes car elles ne candidatent pas pour les postes à responsabilités. Rien à voir, d’après la direction, avec les interruptions de carrière liées à la maternité, ni avec leurs contraintes familiales (rappelons que 80% des tâches ménagères restent assumées par les femmes), ni avec le fait que certains hommes, eux, ne sentent pas gênés pour postuler même s’ils n’ont pas les toutes compétences requises.

Certes les inégalités femmes/hommes dépassent largement STMicroelectronics, MAIS la direction de l’entreprise n’a en réalité aucune volonté de faire avancer cette question et n’y consacre pas les moyens nécessaires.

Les revendications portées par la CGT :

  • Des objectifs d’embauches plus ambitieux : 50% pour les opérateurs, 35% pour les ingénieurs, 35% pour les techniciens,
  • Une expertise par un cabinet indépendant qui fasse un bilan clair des inégalités femmes/hommes au sein de ST,
  • Un budget spécifique pour des formations qui permettent de passer d’une filière très féminisée vers une filière qui l’est moins et inversement pour les hommes, mise en place de formations diplômantes au retour de congés maternité, parental, adoption…
  • Temps partiels : embauches pour permettre la satisfaction des demandes en salle blanche, revue des objectifs au prorata du temps de présence pour les I&C, répartition des notes similaire entre les hommes et les femmes et entre les salariés à temps plein et à temps partiel,
  • Modification de la méthode d’évaluation des écarts de salaires pour adopter la méthode dite Clerc et objectifs clairs de réduction des écarts de salaire sur quelques années,
  • Nombre de jours de congés enfants malades proportionnel au nombre d’enfant, augmentation de la limite d’âge, suppression de la limite pour les enfants handicapés,
  • Droit à la déconnexion pour tous pour un vrai équilibre vie privée – vie professionnelle, cadrage des horaires de réunion,
  • Possibilité de se rendre aux examens médicaux liés à la parentalité pour les hommes et les femmes sur leurs horaires de travail en étant rémunéré-e-s,
  • Egalité dans la filière dite « expertise ».

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