Entretien JMC à la Tribune

Un entretien intéressant de M.Chéry à la « Tribune » :

https://region-aura.latribune.fr/strategie/industrie/2021-11-05/stmicroelectronics-va-doubler-ses-moyens-de-production-en-europe-d-ici-2025-jean-marc-chery-p-dg-895703.html

ENTRETIEN. Après avoir une nouvelle fois relevé ses objectifs, le fabricant franco-italien de semi-conducteurs STMicroelectronics se retrouve aujourd’hui au coeur de la demande en composants. En plus d’une volonté de « tirer collectivement les leçons » de l’épisode actuel de pénurie et de mettre en garde sur la manière d’adresser les enjeux de relocalisation, le président du directoire et directeur général de STMicroelectronics Jean-Marc Chéry, annonce le doublement de ses moyens de production en Europe d’ici 2025. Avec la conviction que le combat se fera à la fois sur l’innovation différenciée, mais aussi sur un nouveau modèle, bâti aux côtés des acteurs de l’automobile

extrait :

Cela signifie très probablement que, pour l’industrie des semi-conducteurs, la demande pourra soutenir sur le long terme, des taux de croissance qui pourraient atteindre 7 à 9%. Mais d’ici là, nous aurons nécessairement un régime transitoire en 2021.

LA T : Emmanuel Macron a justement plaidé pour une « relocalisation » des semi-conducteurs et certains évoquent l’objectif de créer « une fonderie européenne » sur le modèle d’Airbus ou de Galileo, équivalent à un « TSMC européen » ? D’autres estiment que c’est une fausse bonne idée, estimant qu’investir aujourd’hui prendra du temps, ne fera pas effet tout de suite, mais surtout créerait une nouvelle phase cyclique de surplus. Dans quel camp vous situez-vous ?

JMC : Nous saluons la mobilisation continue des autorités publiques pour aider l’industrie des semi-conducteurs à continuer d’innover avec une variété d’instruments de soutien stratégique.

 Il faut cependant faire confiance aux acteurs économiques pour gérer leurs propres challenges et faire confiance aux autorités publiques pour qu’elles leur créent des conditions favorables pour gérer ces challenges. Si les acteurs économiques considèrent que cela passe par la création de nouveaux moyens de production, ils le feront.

 C’est le cas de ST, qui va doubler ses moyens de production en Europe entre 2020 et 2025. Ce qui signifie doubler principalement notre production en France (notamment à Crolles) ainsi qu’en Italie, où l’on termine de construire une nouvelle usine près de Milan et qui va commencer à faire rentrer de nouveaux équipements prochainement. Nous allons aussi tripler la production du carbure de silicium en Italie.

 Or, ce qui est aussi important pour nous, c’est d’avoir la fourniture d’électricité et les infrastructures qui vont permettre de faire cela de manière sereine et de façon compétitive. L’Etat a un rôle clé pour créer les conditions pour le faire, et il s’agit d’un partenaire critique.

 LA T : Il ne suffit donc pas de crier relocalisation, relocalisation dans votre secteur également…

JMC :Une part du succès aujourd’hui de ST dans sa capacité à adresser le marché de l’automobile, de l’électronique personnelle et de l’industriel, tient au fait que l’Etat français a soutenu, avec les plans Nano, les efforts de R&D et de pré-industrialisation que ST a fait entre 2008 et 2022.

Notre industrie s’est développée partout dans le monde avec le phénomène de la mondialisation. D’où l’éclatement actuel des sites et usines sur la carte du monde. La crise actuelle liée à la pandémie exacerbe les tensions liées à l’approvisionnement, à la logistique. Avec en toile de fond, la volonté de nombreux gouvernements de soutenir le développement ou la croissance de leurs écosystèmes technologiques, car ils savent que ce sera une source de croissance pérenne pour l’avenir.

Tout l’enjeu est désormais de discuter avec les acteurs économiques et de créer les conditions industrielles pour qu’ils ne délocalisent pas. Certains de nos compétiteurs ont fait le choix de ne pas avoir d’usine. Nous, nous avons fait des choix différents avec des sites industriels et des investissements massifs en Europe.

Nous avons également eu des incitations à le faire, par exemple pour le développement de la technologie FD-SOI, qui permet de faire des microcontrôleurs avec une mémoire PCM répondant bien aux spécifications automobiles. Cette technologie est tout droit issue du Plan Nano 2017 ! Le résultat aujourd’hui, c’est que la production commence et que le marché est là.

LA T : Vous participez finalement à l’alliance européenne sur les semi-conducteurs : au démarrage, ST n’en voyait pas l’intérêt : pourquoi ce revirement, quel est l’enjeu pour vous derrière cette alliance et quelle est sa limite ?

JMC : Je pense qu’au début, il s’agissait d’un malentendu. Les discussions se sont poursuivies et les sujets couverts par l’alliance se sont étendus. Nous l’avons rejointe le 6 octobre dernier. C’est une initiative essentielle car nous demeurons convaincus que la recherche et développement dans notre secteur doit être collaborative, c’est dans notre ADN.

A relire : tribune CGT dans Usine Nouvellehttps://stmicro.reference-syndicale.fr/2021/10/28/tribune-cgt-stmicro-et-soitec-sur-la-micro-electronique/

 

 

Les inégalités salariales femmes/hommes en hausse

« Article des « Décodeurs », « Le Monde », 3 novembre

« Selon le collectif féministe « Les Glorieuses », depuis le mercredi 3 novembre à 9H22, les femmes françaises travaillent gratuitement : elles ne sont plus payées durant les 16,5% de l’année restants, selon un calcul fondé sur les écarts de rémunération avec les hommes publiés par Eurostat en 2021 (avec les données de 2019).(…)

Ce qui ressort cette année, c’est que l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes qui avait baissé légèrement de 2018 à 2020 (passant de 16,7% à 15,5% d’écart) a rebondi en 2021 en partie en raison de la crise du Covid-19, un phénomène constaté dans toute l’Europe.  « 

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2021/11/03/3novembre9h22-l-inegalite-salariale-entre-femmes-et-hommes-repart-a-la-hausse_6100822_4355770.html

Selon un article des « Echos »  « L’écart ne se réduit pas, au contraire. Chez les cadres, les femmes ont, en 2020, gagné en moyenne 15 % de moins que les hommes – et 8% à poste équivalent. Un delta pourtant tombé à 13 % l’année précédente. En comptant le salaire brut annuel fixe et la part variable, la rémunération médiane des femmes cadres a été de 46.000 euros annuels l’année passée, contre 53.000 euros pour les hommes. »

https://www.lesechos.fr/economie-france/social/cadres-lecart-de-salaire-entre-les-femmes-et-les-hommes-se-creuse-1348215

En ce qui concerne ST, la CGT est très active dans ce domaine. Nous avons récemment publié un « feuilleton féministe » sur ce site. Voici un article consacré à l’accord – plus exactement au non-accord – « égalité » de l’entreprise.

https://stmicro.reference-syndicale.fr/2021/07/01/egalite-laccord-propose-en-2020-valait-il-une-signature/

 

 

 

L’action flambe, les inégalités aussi

Le rallye boursier continue. Les indices battent des records. Quant à l’action de ST elle a dépassé les 40€. Elle était côtée à 42,410 € le 3 novembre.

Cela signifie que le SCANDALE représenté par la distribution d’actions gratuites dans la couche dirigeante de ST s’aggrave. Il s’aggrave au fur et à mesure que le cours de l’action grimpe. Relisons quelques unes de nos publications :

https://stmicro.reference-syndicale.fr/2021/04/07/actions-gratuites-a-st-equite/

https://stmicro.reference-syndicale.fr/2021/03/23/en-2020-m-chery-a-vendu122-000-actions-de-nos-actions-st/

Donc, si M.Chéry récidivait en 2021 l’opération réalisée en 2020, c’est à dire la vente de 122 000 titres ST… par exemple le 3 novembre il toucherait cette fois

42 € x 122 000 soit … 5 124 000 € hallucinant …

Ceci concerne toute la couche dirigeante. Relisons le tableau « Le haut de la pyramide » publié :

https://stmicro.reference-syndicale.fr/files/2021/06/affiche_le_haut_de_la_pyramide_internet_16062021.pdf

Ce nouveau bond de l’action (entre la zone 30€ et la zone 40€) aboutit à ce constat  (valeur annuelle) : la valeur des actions gratuites :

  • du PDG passe de 3 600 000$ à 4 800 000$
  • d’un membre du staff passe  de 1 600 000$ à 2 133 000$
  • d’un des 100 cadres dirigeants de ST France passe de 150 000$ à 200 000$
  • d’un JG18 passe de 60 000$ à 80 000$ (moyenne pour les 75% qui en touchent)

La distribution d’actions gratuites dans ce contexte spéculatif pose au moins quatre problèmes :

  • Le scandale des sommes hallucinantes distribuées à la couche dirigeante
  • Les inégalités de plus en plus fortes créées dans toute l’entreprise entre celles et ceux qui ne touchent aucune action (les OATAM par exemple), les personnes qui en touchent peu face à celles qui en touchent beaucoup, le caractère opaque et discrétionnaire de la distribution. En effet à ce niveau de l’action, 100 actions gratuites représentent déjà 4000€, 500 actions 20 000€ !
  • Le coût de plus en plus élevé pour l’entreprise du financement de ces actions gratuites
  • Sans oublier la volatilité des cours de Bourse

Sur l’aspect le plus criant aujourd’hui, celui des inégalités, la CGT a lancé cette pétition

https://stmicro.reference-syndicale.fr/2021/10/27/petition-en-ligne-salaires-actions-gratuites/


Pour rappel la situation en 2019  (extrait publication CGT ST)

« Le nombre d’actions attribuées mondialement était de presque 7 millions en 2019 (chiffre stable depuis 2017). 156 Millions cela représenterait 3400 $ pour chacun.e des 46 000 salarié.e.s de ST Micro. Pas mal… mais en fait ces sommes sont accaparées par la couche dirigeante.

17% tout d’abord pour les 22 du staff… pas mal. Ensuite il y a une grande opacité… Cependant si on regarde les 1800 bénéficiaires français, quelle était la situation en 2018 ?

  • Aucun OATAM ne bénéficiait d’actions gratuites.
  • Aucun cadre JG 11 12 13 ne bénéficiait d’actions gratuities
  • Seulement 22% des 14 et 39% des 15.
  • C’est ensuite que les choses changent : 61% des 16, 69% des 17, 76% des 18.

Par pudeur sans doute, aucune information sur le 19 et au-dessus. »