Déconfinement version 25 juin et la CGT écrit à la direction

Le gouvernement a édité une nouvelle version du protocole de déconfinement. A lire notamment les passages concernant les personnes vulnérables, ou les recommandations concernant les entrées-sorties dans les entreprises.

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A ST, la CGT a écrit à la direction car nous observons divers problèmes d’application de l’accord en vigueur jusqu’à fin juin. Nous demandons aussi le maintien du paiement à 100% des personnes vulnérables ou vivant avec les personnes vulnérables.


Monsieur, Madame,

Notre organisation syndicale a signé 2 accords successifs qui traitent de la sortie du déconfinement et des mesures associées.

Le dernier accord , toujours en vigueur à ce jour prévoit la tenue de commission nationale, or à ce jour nous n’avons jamais été convoqué. Et cela est plus que dommageable pour garantir une équité de traitement et d’application des mesures comprises dans ces accords.

En effet, nous constatons à plusieurs égards que certaines dispositions de l’accord sont appliquées de façon négative pour les salariés de certains sites (les salariés de nuit de Crolles notamment)

De plus il est prévu qu’en cas d’évolution gouvernementale , la direction prenait  l’engagement (article 4) à revenir vers les organisations syndicales représentatives signataires.

Or au fil des annonces gouvernementales en juin mais également de façon aléatoire les règles d’application des mesures ont évolué de façon très disparate selon les sites et les horaires de travail des salariés sans que les partenaires sociaux n’en soient informés.

Merci de prévoir une commission de suivi national au plus tôt

Enfin ,vous n’êtes pas sans savoir que des évolutions d’allègement des protocoles sanitaires dans les entreprises sont en cours de discussion, et très vite des annonces seront faites pour permettre un retour plus conséquent physiquement sur les sites.

Néanmoins pour la catégorie des personnes vulnérables ou vivant avec des personnes vulnérables et compte tenu de la persistances de propagation du virus, il est nécessaire que nous discutions ensemble de la reconduction des mesures pour ces salariés au moins jusqu’à la fin de l’été.

Ces personnes à quelques jours de la fin de l’accord sont dans l’attente d’information ,nous souhaitons donc avoir un retour au plus tôt pour répondre aux attentes de ces salariés. Ce point doit être prioritaire.

Pour finir alors que la direction nous avait confirmé le paiement à 100% des personnes forfaits jours qui seraient en activité partielle, les réponses de certains sites indiquent que ces salariés ne seraient finalement pris en charge qu’à hauteur de 70%.( le dispositif de prise en charge des forfait jours aurait semble-t-il évolué pour ces catégories de personnel durant la crise CoVID 19)

Merci de préciser ce point également.

Dans l’attente de vous lire, veuillez recevoir mes salutations.

Sandy BEL DSCA CGT

Accord signé

Les trois syndicats représentatifs ont signé l’accord dont nous avons publié le projet le 30 mai. La CGT s’est prononcé pour la signature à la majorité des sites et a accompagné sa signature de la réserve suivante :

Cette signature est uniquement liée à la mesure de maintien des 100% de rémunération pour les personnes vulnérables (ou cohabitant avec des personnes vulnérables) et les femmes enceintes.

La CGT émet une réserve sur tout le reste de l’accord et estime que les personnes en garde d’enfants devraient bénéficier du 100%, en complément du chômage partiel.

 

M.Hollande en Isère. Questions à l’Etat actionnaire

L’agenda de la Présidence de la République annonce pour le 18 mars un déplacement en Isère et la presse indique que M. Hollande devrait se rendre à ST Crolles puis à la Mairie.

En 5 ans le bilan est lourd pour ST et la micro-électronique en France et en Europe.

Abandon des produits les plus avancés (en téléphonie puis dans les décodeurs) et perte de compétence dans les systèmes complexes. Arrêt de la R&D technologique, lié au point précédent, faisant perdre à terme l’indépendance technologique, alors même qu’existe en Isère un éco- système apte à poursuivre cet effort. Conséquence de tout cela : la chute du Chiffre d’Affaires.

L’Etat actionnaire, le gouvernement, n’a pas empêché ces décisions de la direction de ST. Une responsabilité partagée avec son homologue italien, dans un contexte d’affaiblissement de l’Europe.

Certes, en France et en Italie, les actionnaires étatiques ont bloqué, suite aux campagnes syndicales et aux actions des salariés, les licenciements, transformés en départs « volontaires ». Mais les emplois en moins sont bien là. Et le site R&D de Paris est menacé.Ailleurs dans le monde, en Europe, en Asie, aux USA, au Maghreb… le recul de ST s’est traduit par des milliers de licenciements et par une perte de substance considérable. Le gouvernement a commencé à faire baisser – enfin ! – lesdividendes, sous la pression de la campagne syndicale « 0 dividende » mais ils restent très élevés (près de 250 Millions). La direction générale est toujours en place et on ne sait pas ce qui se passera en mai à la fin du mandat triennal du PDG.

Pour le futur, on peut s’attendre à ce que M. Hollande se réjouisse de la montée en puissance actuelle du site de Crolles et de la reprise (modérée !) des investissements de ST. C’est bien sûr un soulagement, mais il est bien fragile et surtout la stratégie globale de l’entreprise reste très timorée et essentiellement financière.

Sur le terrain, la gestion boutiquière perdure: investissements et embauches trop limités et décidés au dernier moment,rendant difficile la réalisation correcte des objectifs et mettant les salariés sous pression, sans que cela soit récompensé à sa juste valeur. La politique « sociale » (si on peut dire !) reste rachitique ou inexistante depuis des années, voire en recul dans certains accords locaux.

Plus globalement, la direction semble se satisfaire de ce qui fonctionne bien ou pas trop mal dans ST. Mais les ambitions sont limitées, et les moyens ne sont pas mis :

  • Ni dans la R&D systèmes et produits, pour faire face à l’évolution vers des systèmes de plus en plus complexes partout (IoT, automobile, microcontrôleurs, MEMS etc…). Et le récent rachat de Mobileye par Intel suivi par l’accord Nvidia-Boschmontre que les concurrents ne sont pas inactifs !
  • Ni dans l’outil industriel : ainsi à Crolles où la non-construction de l’extension prévue oblige à « choisir » entre les technologies pouvant être produites à ST et donc à sous-traiter en Asie une partie ; ainsi à Rousset où l’avenir à moyen terme n’est pas assuré ; ni à Tours où les investissements sont trop limités
  • Ni en R&D technologique, où le retard s’accumuleUne nouvelle fois, la CGT interpelle le gouvernement pour obtenir une vraie stratégie de redéveloppement à la hauteur des enjeux dans les trois domaines cités ci-dessus. Pour mettre en œuvre ce redéveloppement, en investissements, en embauches, en social, il faut des moyens. Mobilisation des ressources de ST (0 dividendes). Apport de capital. Coopération en premier lieu en Europe.

    CGT STMicroelectronics France, le vendredi 17 mars 2017

Négociation à STMicroelectronics pour un accord Égalité Femmes-Hommes

Être une femme à ST (tract complet : Negociations ST 2017 Egalité Hommes-Femmes)

2017 : nouvel accord, la négociation se termine. Zoom sur les principaux points

  1. Communiquons à tout va : Il est plus facile de communiquer que de traiter les problèmes à la racine…Comme les accords précédents, beaucoup de blabla sur la communication externe et interne.
  2. Embauches et mixité : Les objectifs d’embauches de femmes sont un peu plus ambitieux, mais « à l’aune des candidatures féminines reçues »…
  3. Évolution professionnelle : La direction « favorise » beaucoup et « compte sur le volontariat » des femmes et des managers pour que les choses changent. Pas question d’aller au-delà. Quelques avancées…
    • L’accord rend plus facile le passage d’un métier à l’autre (opération « vis ma vie », reconversion possible vers le « cœur de métier » et métiers peu féminisés…),
    • Il contient des objectifs d’amélioration de la mixité, peu ambitieux certes, mais c’est nouveau
    • La direction s’engagerait à revoir le positionnement de toutes les femmes des JG13 à 18.
  4. Rémunération : La direction fait le constat qu’il n’y a plus de problème d’écart de salaires entre les hommes et les femmes à STM « à niveaux de responsabilité équivalents ».
  5. Vie pro/Vie privée : Pas grand-chose de neuf… à part une meilleure formalisation des objectifs lors d’un changement de rythme de travail et lors des demandes de congé parental partiel.

Conclusion

À part la mesure concernant les possibilités de reconversion professionnelle, la plupart des revendications de la CGT n’ont pas été prises en compte :

  • Expertise externe,
  • Prise en charge des frais de garde pour les déplacements exceptionnels,
  • Aide sur les frais de garde pour les postés
  • Fin du « profil référent » au profit d’une méthode incluant la prise en compte de l’évolution de carrière,
  • Jours « enfants » malades proportionnels au nombre d’enfants,
  • Fin des réunions à 17 h 30…

Si des avancées existent, elles sont timides et surtout ne doivent pas nécessiter de budget. La direction prend soin de rédiger le texte de manière à se dédouaner si rien ne se passe pendant trois ans. Aux femmes de prendre leurs droits et leur carrière en main pour ne pas attendre la fin des inégalités pour la nuit des temps !

A voir : « Paye ton TAF », Un blog qui regroupe des centaines de témoignages courts sur le sexisme au travail