FRIGO

Mardi 30 avril la direction a annoncé qu’elle « mettait au frigo » la partie du texte Qualité de Vie au Travail lui permettant d’imposer jusqu’à 8 samedis travaillés aux salariés en forfait- jours. Pour elle il y a eu des confusions avec entre autre le système d’astreinte sur lequel elle veut mener un « audit ». Elle indique avoir tenu compte des « retours » des sites.
La CGT a pas mal contribué à ces retours … négatifs. Dès l’apparition de ce projet il y a quelques mois , nous l’avions dénoncé. Rebelote début 2019 même si les compensations au travail du samedi s’étaient améliorées. Nouveau tract ST France.

Nous avons réalisé une enquête très bien remplie à Grenoble (458 réponses en trois jours) qui montrait que la moitié des salariés ne voulait pas du travail du samedi, et que l’autre moitié ne l’envisageait que sur la base du strict volontariat. La même enquête a été conduite notamment à Rennes ainsi qu’ à Crolles et Tours. Deux assemblées du personnel ont eu lieu à Grenoble.

Nous nous félicitons de cette mise au frigo, bien que par définition on puisse ressortir un plat du frigo ! Nous appelons les salariés à la vigilance.

Qualité de Vie au Travail : TOUT A L’ENVERS !

Comme on l’a vu dans nos compte-rendus, la direction s’entête à vouloir imposer le travail du samedi pour les ingénieurs et cadres en forfait-jours.

 La CGT dans les négociations s’est battue contre les points les plus graves du projet de la direction, comme le non-volontariat, ou le nombre de samedis susceptibles d’être travaillés, ou imposés, ou les modalités de récupération.

Nous engageons partout des consultations des salariés, directement ou par enquête, pour connaître leur avis : peuton accepter des samedis travaillés et à quelles conditions ?, ou bien mieux vaut-il ne pas mettre le doigt dans cet engrenage ?

Mais au-delà, et si on prend un peu de recul, que penser d’une direction qui choisit de faire du travail du samedi un point clef de la Qualité de Vie au Travail. Quel contresens ! La Qualité de Vie au Travail, n’est ce pas plutôt le droit au repos ? Au vu des enjeux de société ne vaudrait-il pas mieux discuter de réduction du temps de travail plutôt que d’augmenter les contraintes et l’intensité du travail ?

De même, que penser d’une direction, qui, au moment où l’on débat de l’urgence écologique, et dans ce contexte de la nécessité de limiter les déplacements, ne trouve rien de mieux que de faire d’un (maigre) droit au télétravail un instrument de pression, de chantage, pour faire accepter le travail du samedi ?

 

LE TELETRAVAIL N’EST PAS UNE MONNAIE D’ECHANGE

Télétravail : il faut un accord spécifique tout de suite !

En février 2018, un texte sur le télétravail avait abouti après de longues discussions et suite aux bilans des expérimentations sur le télétravail sur les sites de Paris, Grenoble, Le Mans. Mais la direction a refusé de le déployer sur les gros sites industriels disant attendre un projet global sur la QVT.

La CGT n’a cessé depuis le mois de février de demander que le télétravail soit mis en place sur tous les sites sans attendre. Il n’y a aucune raison d’attendre : cela fait plusieurs années qu’il est mis en œuvre à Grenoble et à Paris, le texte est prêt et correspond aux attentes des salariés. Nous avons envoyé un nouveau courrier à la direction en ce sens à cette rentrée, sans réponse.

La réponse est venue sous forme de la relance de la négociation QVT, en sommeil depuis deux ans. Un accord « QVT1 » a été proposé, intégrant le télétravail, sous le vocable « corporate »de « Home office » ( !!!) Cet accord interviendrait immédiatement, contiendrait le télétravail et la déconnexion MAIS inclurait aussi des  dispositions sur les temps partiels et surtout une banalisation du travail du samedi, pour les forfaits jours et les mensuel en horaire journée, ce qui n’est pas acceptable.

La direction fait du chantage. Le télétravail, attendu à Rousset, Crolles, Tours…  est utilisé comme « monnaie d’échange » pour faire accepter la généralisation de travail du samedi, ce qui est inadmissible.

La CGT a re-écrit à la direction pour demander un accord spécifique télétravail immédiat. Jeudi 11 octobre, nous avons interpellé la direction en réunion. La CFDT nous a rejoint dans notre demande d’un accord spécifique. La Direction maintient son refus, et laisse entendre que rien ne sera fait d’ici fin 2018.

Nous ne pouvons accepter cela. Il faut réagir.

 

Travail du samedi : Non à la banalisation !

Actuellement le travail du samedi – hors horaires postés et astreintes- est rare ou exceptionnel et se fait sur la base du volontariat. Il y avait besoin de donner un cadre pour  homogénéiser les pratiques d’un site à un autre.

Mais là il s’agit de toute autre chose…

Jugez vous-mêmes. Nous reproduisons ci-dessous l’extrait du projet d’accord présenté par la direction le 25 septembre 2018 concernant ce travail du samedi :

Travail le samedi

 Pour des besoins de service, il peut être demandé aux salariés de venir travailler le samedi. L’entreprise privilégiera en toutes hypothèses le volontariat et respectera, en tout état de cause, un délai de prévenance d’une semaine.

 Salariés en heures

Pour les salariés dont le décompte du temps de travail est réalisé en heures et dont le travail normal n’est pas réalisé le samedi, les heures effectuées sur cette journée seront traitées en heures supplémentaires.

 Salariés en forfait jours

Pour les salariés en forfait jours, le travail le samedi donnera lieu à des modalités de récupération dans les conditions ci-après définies :

La récupération ne saurait être inférieure à une journée de récupération pour un samedi travaillé,

La récupération de samedis travaillés devra être réalisée dans un délai maximum de 6 mois,

À la demande expresse du salarié, la récupération peut être payée.

 Le travail du samedi devant rester exceptionnel, dans le cas où l’activité conduirait un salarié à travailler plus de 8 samedis par année civile, son accord devra être formalisé par écrit. En tout état de cause, les salariés ne pourront travailler plus de 16 samedis par année civile.

 Par exception, si l’activité ne permet pas de respecter un délai de prévenance d’une semaine, d’envisager la récupération et/ou si l’activité impose le travail de plus de six samedis dans l’année civile, l’accord formel du  salarié devra être obtenu. Par ailleurs, si l’activité ne permet pas de proposer une récupération, la rémunération du jour travaillé devra être majorée de 10% minimum.

De quoi s’agit-il ? D’abord de pouvoir imposer, au-delà des précautions de langage, le travail le samedi. Et ensuite de le faire sans réelles compensations. Voire de remplacer en partie les astreintes par un système beaucoup moins coûteux pour l’entreprise. On peut même redouter qu’à terme le taux de rémunération du samedi chez les postés soit remis en cause.

Le projet de la direction concerne les personnes en forfaits jours et les mensuels. On est très loin d’un usage « exceptionnel ».  Jusqu’à 16 samedis par an peuvent être travaillés, avec l’obligation d’obtenir l’accord salarié uniquement à partir du 8ème. Le délai de récupération est très long, et le restera même s’il passait à 3 mois.

Le principe retenu est une simple récupération des samedis travaillés pour les forfaits jours, ce qui revient à considérer le samedi comme un jour « comme les autres », ce qu’il n’est pas dans la vie de famille !

Pour les mensuels on en reste au régime des heures supplémentaires. Concernant le taux des heures sup, 10% sont prévus dans le projet d’accord national. La direction a dit oralement que s’il y a un accord local plus favorable, le salarié pourra choisir !!! A Grenoble la CGC dit avoir obtenu l’engagement du DRH local que ce taux serait de 50% !!! Tout le monde comprendra la fragilité de ce genre de déclarations et promesses.

Pour la CGT, le travail du samedi doit rester exceptionnel, doit être cadré, être exclusivement utilisé sur volontariat et donner lieu à des compensations qui vont au-delà de la récupération des jours travaillés.

Nous demandons par exemple :

  • Qu’un salarié ne puisse pas être sollicité plus de 2 samedis consécutifs
  • Que la récupération ait lieu dans les quatre semaines qui suivent
  • Qu’aucun manager ne puisse refuser la planification de la récupération au-delà de 2 fois.
  • Un taux de rémunération dissuasif

Tous cela pour garantir un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle

Cette volonté de faire travailler le samedi est aussi un moyen pour ST de ne pas embaucher.  Aujourd’hui les embauches sont faites au dernier moment, en nombre insuffisant, quand ça craque trop. Les salariés doivent s’adapter au risque de « burnout ». Au lieu de pousser au travail du samedi, nous demandons qu’on embauche.

 Attention : auparavant, un accord d’entreprise ne pouvait pas être inférieur à la loi et à la convention collective. Avec les ordonnances Macron, c’est fini ! Un accord s’impose à tous et prime la loi. Un salarié ne pourra pas refuser de l’appliquer sous peine de risquer le licenciement. Les syndicats ont donc une grande responsabilité dans le contenu de ce qu’ils signent. Soyons vigilants ! Soyons exigeants