Les pénuries de composants et de matières premières… TSMC et TAIWAN…

“Le Monde” a publié un intéressant article sur cette question du “pourquoi des pénuries”.  La fin de l’article, sur Taiwan et TSMC met le doigt sur un point que la CGT soulève depuis des années dans une belle indifférence…

 https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2021/10/22/penuries-les-causes-du-grippage-de-l-economie-mondiale_6099580_4355770.html

“Partout dans le monde, les entreprises sont confrontées à un manque de matières premières et de composants pour répondre à la demande. Voici pourquoi.

Les prix du gaz et de l’électricité ne sont pas les seuls à s’envoler depuis quelques mois. Ceux de nombreuses matières premières et composants alimentant les chaînes de production des usines du monde entier grimpent aussi, ralentissant la production et la livraison de biens de consommation. Le Monde fait le point sur ces pénuries.”

Voici les têtes de chapitres de l’article; de nombreux graphiques très intéressants.

Qu’est-ce qu’une pénurie ?

Pourquoi y a-t-il des pénuries actuellement ?

  • Parce que la demande a repris bien plus fortement que prévu
  • Parce que le prix du fret a augmenté
  • Parce que les grands ports sont engorges
  • Parce que la pandémie entrave encore la production, notamment en Asie
  • Parce que le prix des matières premières s’envole
  • Parce que la logistique et les chaînes de production actuelles sont vulnérables

Cette dernière partie aborde la question des composants

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime qu’environ 70 % des échanges internationaux reposent sur des chaînes de valeur mondialisées, c’est-à-dire sur des flux de services, de matières premières, de pièces détachées ou de composants qui traversent les frontières à de nombreuses reprises. Ces flux s’intègrent les uns après les autres pour élaborer les produits finaux, expédiés aux consommateurs du monde entier. Par exemple, un smartphone assemblé en Chine peut inclure des éléments de conception des Etats-Unis, du code informatique élaboré en France, des puces électroniques fabriquées à Singapour et des métaux précieux extraits en Bolivie.

Dans une note publiée en avril par le Conseil d’analyse économique (CAE), les économistes Isabelle Méjean et Xavier Jaravel décryptent la vulnérabilité de l’économie mondiale face aux risques, pandémiques ou autres. Parce que le recours à des chaînes de valeur mondialisées a conduit à concentrer la production de composants à certains endroits du globe, il suffit qu’un de ces lieux stratégiques soit perturbé pour entraîner des difficultés en domino pour tous les autres acteurs de la chaîne.

La concentration de 63 % de la production mondiale de semi-conducteurs sur l’île de Taïwan n’est pas étrangère aux difficultés rencontrées par de nombreuses industries, dont celle de l’automobile, très dépendante de ces composants.

 Le constructeur français Renault a d’ailleurs provisoirement fermé la moitié de ses usines hexagonales, alors que les carnets de commandes sont pleins.

L’exemple des perturbations entraînées par la pandémie sur la chaîne de production des smartphones Apple résume bien ces vulnérabilités. (voir le graphique en se connectant à l’article)

Des points de blocage dans les chaînes mondiales de production

Cette stratégie de concentration de la production a, par le passé, permis de grandes économies d’échelle, mais en mettant tous les œufs dans le même panier, elle a accru en contrepartie la vulnérabilité à des incidents de production, que la pandémie a mise en exergue.

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